mercredi 3 septembre 2014

Ironman de Zürich : le récit de Cédric


Après les récits de Félicien et d'Olivier, voici le compte rendu de Cédric qui détient la meilleure performance du B3 cette année.
Suite à mon résultat ‘’mitigé’’ de l’IM Zurich 2013, je n’avais pas l’intention d’en rester là. Je me suis rapidement réinscrit avec l’intention de profiter de cette expérience pour améliorer mon chrono. Avec les acquis 2013, je partais donc sur de bonnes bases pour un entrainement un peu plus pointu. Surtout en natation dont j’ai pratiquement doublé le volume et amélioré la qualité grâce aux entrainements durs / très durs de Michael LUECKE . J’ai également pu participer à un stage triathlon en Espagne, à Callella, en compagnie de Fabien, dont je garde d’excellents souvenirs (une trentaine d’heures d’efforts ça laisse des traces). De plus, la participation au semi-marathon d’Annecy et le tour du Lac Léman et la traversée du Lac de Morat contribuèrent à une bonne préparation. J’en oubliais la participation au camp à St-Blaise qui fut fantastique, Hein Ursi !!!

Une année plus tard, je me retrouvais à nouveau la veille d’une course où tout peut basculer d’une seconde à l’autre. (chute à vélo – problème technique – maladie – cartons rouge – mauvaise alimentation…) Jusqu’à la ligne d’arrivée, on écoute, on s’écoute pour que les accessoires, la machine (le bike) et la machine humaine n’ait pas de défaillance.

Samedi 26.07.2014

Nuit de vendredi correcte, levé 0830 h. déjeuner, dernières préparations à la maison (check ). Départ 1100 h. pas trop de stress, sur la rte, bouchons, une heure de plus, soit près de 3 heures. Arrivés, à l’auberge de jeunesse. Tip top, bien propre, assez grand, tous dans la même pièce, familial quoi… ! je me rends avec Marie à l’IM area, 10 minutes à pieds. Il pleut … Prise des dossards, papa – enfants (récupérer sac IM avec tout, dossard stickers bags red-blue-white + t-shirts enfants…) ensuite passage dans les stands sous les gouttes. Tout est cher ! retour à l’hôtel. Je croise Félic qui attend déjà pour le check-in (petit numéro dès 1600 h.) avec mon bib nummer dès 1800 h. A la chambre, préparation minutieuse, là on ne peut pas se tromper. Ensuite, avec le vélo et toute la famille en soutien en route pour le check. Là, une file de « 1000 m. » formée de centaine de triathlètes qui attendent sous une pluie fine. Je suis au bout du rouleau, Anne aussi. Après 5 minutes, je vois Olivier G. qui vient attendre avec nous. Au finale, la file s’est vite résorbée. Devant moi, un espagnol avec un scott Plasma 2014, le même que Cyril Viennot (12ème à Hawaï 2013 et 1er Français), avec roue pleine ZIPP. Joli !

Voilà, dans le parc. D’abord, le vélo (mettre déjà grosse plaque – barres Powerbar déjà coupées) en ensuite les bags. Trouver son numéro sur le râtelier, ne pas se tromper ! refaire la course dans sa tête, le parcours dans la zone. A la sortie, prendre la puce et souhaiter bonne nuit à Olivier….

A l’hôtel, je vois Oliv’ et Céline qui mange un repas préparé à l’avance, sympa. Pour nous, pasta partie en famille, convivial. Rapidement en chambre, j’ai pu lire les dernières directives, apprendre les couleurs des cartons (au cas où) revoir les parcours. Revoir ma stratégie. Pour le jour avant-course, bien, pas de stress, nourriture et boisson OK, préparation OK. J’étais serein.

Dimanche 27.07.2014

Nuit correcte, levé à 0430 h. en silence, je quitte seul la chambre, déjeuner à l’hôtel, normal tartines – café – bircher. Ca va bien, prêt, pas de stress, je me rends à pied seul, concentré vers la zone. J’enlève la bâche sur le vélo, petit contrôle, OK. Je me rends sous la tente, l’ambiance est calme, les athlètes sont concentrés, silencieux. J’enfile ma combi. Après une longue réflexion, j’ai opté pour le slip de bain habituel et la combi. J’ai graissé les épaules. Je me suis rendu à la zone nat. Là, j’ai fini d’installer ma combi avec deux gourdes d’eau chaude que j’avais prises avec ! Eh, oui, mon petit comfort… Un petit gel 20’ avant le départ et je croise Olivier, un dernier salut.

Je me place dans la vague 2. Je me mets dans l’ambiance, musique encouragements.. La vague 1 part. Je suis impatient de partir, Je suis sûr de moi, je ne sais pas pourquoi… Je me mets tout devant, je regarde derrière moi, tout de même beaucoup de monde ! Attention départ ! je plonge, je pars à fond, je fais ma place, peu de bousculade, je m’oriente facilement, je me concentre sur ma nage, appuie, fais attention à passer près des bouées. Les premières bouées passent, ça va bien, je pense à mon chrono et ne faiblis pas. J’apprécie ce moment tout en pensant à la suite, je sors de l’eau monte sur l’île, je cours, dépasse quelques bonhommes et replonge, comme à la télé ! et je refais une boucle, le chrono, si je sors en 1.25, je serai déçu … on arrive à la fin. Je dis on, car j’ai rattrapé un gros paquet et entre 100-200 m. avant la sortie, on est très serré, latéral, devant derrière, ça frotte. J’attends mon tour, mais ça va. Sur le tapis, Je regarde ma garmin : 1.13 !!! (1.35 en 2013) Ouah, ça me motive. Je trouve tout de suite mon sac et vais me changer sous la tente. Enlève ma combi, mon calos de bain et mets un cuissard – gilet – chaussettes – gants – sous-casque – souliers et vais chercher mon bike. Pas de problème, je monte et j’appuie. J’ai en tête de partir assez soutenu, de garder et accentuer mon avance par rapport à l’année passée. Je sais que Félice a beaucoup d’avance, mais… Je dépasse pas mal, je m’alimente, bois, il pleut légèrement, la route est mouillée. Je retrouve les paysages vu dans youtube maintes fois. Les virages et les grosses descentes se font prudemment. Je privilégie les positions aéro, surveille mon pulse et favorise les relances dès les plats. Je reste au contact avec les gars de mon allure. 2km avant Hardbreak hill, je croise Félicien qui finissait, lui le 1er tour. Un coup au moral, il avait déjà fait Hardbreak hill + environ 6 km. Je me dis ‘’ fort Félicien ‘’, pourtant je ne m’étais pas économisé. Je me concentre, Je sais que j’ai environ 50 km de plat avant la prochaine montée, donc garder la lucidité, garder le rythme. C’est long, je suis seul, pendant 20km. A un moment donné, un groupe ( 20) me rattrape !!! tous des vélos de chrono-roue pleine, ça envoie.. Ils se relaient presque. Ca me motive et arrive à rester avec, je respecte tout de même les prescriptions, par peur des arbitres, très présents au premier tour. Je profite tout de même, rien qu’au niveau psychologique, je me retrouve même devant à tirer le groupe. Je me dis que c’est un comble. Au début de la montée, comme convenu, je me retire, profite du ravitaillement et gère la montée qui s’annonce longue. Dans la montée, au 2/3, je sens un début de crampe cuisse gauche. Je m’arrête immédiatement. Et prend une capsule de magnésium. Je reprends la route en soulageant ma jambe. Ça passe. Sur la fin du parcours, j’ai fait encore deux arrêts similaires. Le dernier, sur le bout plat avant le pont près de ton hôtel, endroit où je venais de rattraper et dépasser le gars avec le scott Plasma que j’avais vu dans la colonne du check, samedi !! Une capsule et ça repart. Plus de soucis par la suite. Encore une chose inhabituelle, durant la partie vélo, 7 fois j’ai dû aller me soulager. Tous les 20’ je ne pouvais plus me tenir en position aero tellement il fallait que j’y aille. Je finis le vélo en 5.53 (6.30 en 2013), me change, ça va pas mal. Toujours pas de Félicien en vue, décidément il a fait un bon bike.

Je commence le premier tour et là, je te vois Fabien et j’entends « allez Cédric, Félicien est 2’ devant toi » J’étais pas sûr d’avoir bien entendu. Je cours, prends un rythme léger, sans me précipiter. Quelques centaines de mètres plus loin. Je vois un maillot du B3 ! C’est pour moi le signe d’une bonne journée. Une petite tape amicale sur l’épaule « Salut Félicien ». Je discute deux mots avant qu’il ne me dise « Vas-y seulement » je ne peux pas parler. Je garde la même allure et m’éloigne gentiment. Le premier tour, ça va. Le deuxième commence à avoir mal aux jambes. Et ça va pas s’arranger. Je me suis dit de ne pas marcher. Je me dis que la barre des 12 h. est encore possible. Au 2ème tour, Anne me dit qu’Olivier est juste devant moi. Je le dépasse, car il marche et l’encourage, à la Gaëlle, « allez Olivier, on y va ! » Par contre, je profite de tous les ravitaillements en marchant, pour soulager les jambes et l’esprit, car j’ai mal. Et ça va durer près de 3 heures. Le dernier tour, les deux premiers kils j’ai essayé d’accélérer car j’avais un peu plus de 1 heure, mais j’ai vu que j’étais trop lent. Je croise Céline au demi-tour sur le quai. Je dois me résoudre à l’évidence, elle va me passer. Mais je dois me concentrer sur mon allure et gérer mon alimentation (expérience 2013 !!) J’ai mal, très mal aux jambes…..et je suis usé, là c’est dur. Merci pour votre soutien, c’est vrai que ça aide. Pas à aller plus vite, mais à pas aller moins vite !!!

Petit à petit l’arrivée s’approche, je me dis plus que…, plus que…, je regarde autour de moi et «prépare» mon finish. Je ne veux pas me faire doubler sur le tapis et veux être seul sur la photo. Donc j’accélère progressivement et une fois sur le tapis, cette année, les cheerleaders sont encore là. Je finis le marathon en 4.51 ( 5.20 en 2013). Au total : 12h10’ (1337 h. en 2013)

Je reçois la médaille. A ce moment, je sens le contrecoup de mon accélération, il faut que je me couche, les jambes en l’air. Un peu plus loin, couché avec ma couverture en alu, j’entends Félicien arriver. You are….. Super, on se rejoint pour la photo avec la médaille. Belle récompense.

J’ai oublié les encouragements de Nicolas et Marie, et aussi de Sarah et Elise qui m’ont accompagné du mieux qu’ils pouvaient sans emprunter le parcours (interdit cette année) sur le dernier 10 km. Merci les enfants.

Donc tout s’est déroulé sans incident, mon bike m’a accompagné sans aucun soucis, pas de chute pas de carton pas de crevaison, pas d’hypo, c’est le temps que je mérite. J’en suis très content tout comme les résultats des enfants.

Elise 2ème

Marie 1er égalité avec sa rivale Nina

Sarah 3ème

Nicolas 3ème et peut-être 2 ( le 2ème est peut-être une fille) erreur d’inscription

Voilà, et tout cela n’aurait pas été aussi bien et même possible sans l’immense complicité et tolérance de mon épouse, Anne qui m’a soutenue même aussi poussé, toujours à la Gaëlle « tu ne vas pas me faire honte, à nouveau…. » non je rigole pour Gaëlle, pas pour Anne !!!

Mais comme on peut le voir dans mon introduction, c’est aussi grâce à la cohésion du club, cette super ambiance/dynamique crée entre les membres adultes et adultes-enfants crée lors des différents entraînements/manifestations, qui m’ont permis d’y arriver. Donc un grand merci de ma part et de la part de mes enfants à tous ceux qui œuvrent au développement du B3. ( Frank Pascal Michael Félicien et tous les membres)

Cédric

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